Partager l'article ! Les 12 travaux du manager/coach, ou comment gérer son équipe: Dans les 15 dernières années le métier d’entraîneur a bien évolué. Il ét ...
Dans les 15 dernières années le métier d’entraîneur a bien évolué. Il était celui qui devait gérer se débrouiller de tous les Savoirs qu’il avait afin d’accompagner au mieux l’athlète. Aujourd’hui l’entraîneur, que l’on appelle désormais coach, est devenu une sorte de manager. Sa fonction n’est plus de gérer des savoirs mais de diriger des Hommes.
L’objet de ce travail est d’aborder les leviers sur lesquels le manager/coach peut intervenir pour mener à bien sa mission : optimiser les résultats de son équipe…gagner.
Son intervention passera par l’accompagnement individuel et collectif de son équipe. Cet exposé donne un point de vue sur la gestion de l’équipe de sports collectifs en balayant l’individu dans l’équipe, l’équipe et ses relations, et enfin la position parfois complexe du manager/coach.
I. Casting et distribution
Explications : Lors du recrutement le manager/coach a en tête les postes auxquels il attache de l’importance. Ce sont pour lui des postes clés. Afin de « séduire le joueur » et de l’aider à se projeter, on lui exprime dans les grandes lignes ce que l’on attend de lui, dans quel cadre il va fonctionner.
Ces explications sont autant de choses qui permettront au joueur d’être rassuré, de ne pas ressentir le moindre « stress » lié à l’inconnu.
Mode opératoire : Dans le cadre d’entretien de face à face, ou par un autre moyen, cela correspond au cinéma à expliquer le script aux acteurs.
Pour le coach : Donner le cadre au joueur lui permettra de rentrer peu à peu dans son rôle, en lui expliquant, le contexte, l’objectif du club, les partenaires, le cadre d’entraînement.
Pour le joueur : Cette étape permet au joueur d’avoir une idée précise de ce que l’on attend de lui et de ne pas avoir de surprises.
II. Répartition et négociations des rôles
Explications : comme dans l’entreprise, où n’importe quel travail par groupe, le manager /coach élabore les attentes qu’il va placer en chacun. Le coach peut responsabiliser le membre de l’équipe sur plusieurs points : les points marqués, les rebonds, les contres, la défense, le leadership sur le terrain, le leadership à l’extérieur du terrain
Mode opératoire : Le manager/coach rencontre les membres de l’équipe les uns après les autres. Lors de cet entretien, il exprime les responsabilités qu’il souhaite donner au joueur, en demandant au joueur s’il accepte, afin qu’il émette son avis. Cela permet de l’engager dans le projet, dans sa tâche (théorie de l’engagement).
Au cours de la saison des ajustements peuvent être réalisés lorsqu’un joueur ne remplit pas la mission qui lui a été donnée. En revanche, une autre problématique se pose au manager, comment va-t-on gérer cette carence…
La réflexion permet de globaliser les responsabilités de chacun et de voir comment ce manque peut être absorbé par l’équipe.
Pour le coach : Cette étape élimine tous non-dits. Le coach communique clairement ses attentes. Il donne la possibilité au joueur d’ajuster son rôle. Le chef d’orchestre a donné les partitions.
Pour le joueur : Il a une idée claire de ce qu’on attend de lui. Il sait sur quels aspects de son jeu on va l’observer, et sur lesquels on va évaluer son travail. Le joueur sait quelle est sa place dans le groupe.
Par exemple :
· Pour un leader d’attaque,
Le joueur lui-même va être en mesure de dire, j’accepte ce rôle. Le coach va lui préciser le cadre de liberté qu’il aura pour cela.
Explications : Il s’agit d’un moment « formel » pour un groupe. Ce moment sert à valoriser le travail et les responsabilités de chacun dans l’organisation « équipe ».
Cette étape est un moyen d’action direct sur l’estime que les joueurs ont pour eux-mêmes. Il s’agit d’un moment de reconnaissance. Tout cela permet d’orienter le travail et donc la motivation de chacun.
C’est une étape rend le groupe plus cohésif. Chacun a pu constater la dépendance des uns envers les autres. Les choses ne sont pas cristallisées, les responsabilités peuvent évoluer durant la saison en fonction aussi des besoins selon les matches.
Mode opératoire : dans une salle de réunion, un endroit où vous aurez la possibilité d’écrire sur un tableau ce que l’on pourrait appeler un « organigramme ».
La prise de parole est délicate peut être pour certains des joueurs. C’est la raison pour laquelle il est souhaitable que le manager/coach explique le rôle de chacun. A l’issue de la description de chaque joueur il est souhaitable de demander au joueur lui-même s’il ne manque rien.
Pour le coach : ce genre de réunion permet de partager le plan d’action, de mettre chacun à son poste.
Pour le joueur : cette étape lui permet de se situer par rapport aux autres et de connaître sa place dans cette organisation.
Par exemple : « John est un de nos joueurs ailiers, il dispose de qualités athlétiques qu’il souhaite mettre au service du collectif en défense, il aura comme responsabilité principale de défendre le meilleur marqueur chez nos adversaires. »
Explications : La détermination d’objectif est un outil très utile et intéressant dans l’accompagnement individuel. Il permet de focaliser l’attention du joueur sur ce qu’il fait bien (et qu’il doit continuer à faire) et sur les aspects de son jeu sur lesquels il doit progresser (entraînement et matches).
Mode opératoire : Dans le cadre d’un entretien individuel mensuel, coach et joueur se rencontre pour évoquer le point de vue du joueur. Ils « négocient » de nouveaux axes de progrès. Les objectifs que l’on va déterminer avec le joueur doivent être contextualisés, ne dépendent que du joueur (c’est la raison pour laquelle de bons objectifs, sont des objectifs de maîtrise et non des objectifs de résultats), ils doivent être réalistes (on dit aussi écologique pour le joueur, correspondant à qui il est), précis et mesurables (avec les statistiques) et source de motivation interne pour le joueur.
Pour le coach : Il s’agit d’un moment d’empathie du coach envers son joueur. Motiver son joueur à la tâche. Orienter l’énergie mentale vers une amélioration de soi, une tâche à accomplir
Pour le joueur : il s’agit d’un moment supplémentaire pour mentaliser son activité. Dans la détermination d’objectif on évoque l’état initial (où le joueur en est, sorte d’évaluation) et l’état désiré (ce à quoi le joueur doit arriver). C’est un moyen de lui donner des repères.
Explications : Durant l’entretien individuel mensuel, on consacre un temps sur les objectifs individuel du joueur. Débriefer, sur les objectifs à accomplir et en fonction de la réussite ou non, en déterminer de nouveaux.
Mode opératoire : L’évaluation se fait conjointement, joueur et coach. On peut s’appuyer sur différents outils (statistique, vidéo…). Au cas où les objectifs ne seraient pas atteints, le joueur s’exprime sur ce qui a pu se passer.
Si le joueur atteint son objectif, c’est le moment d’en renégocier un nouveau, afin de repousser les limites du joueur (physique, technique, mentale, statistiques etc.…)
Pour le coach : C’est un moyen de faire passer des messages au joueur. Ce temps permet également en renégociant des objectifs de re-motiver un joueur. L’aider à reprendre confiance dans le cas où le joueur n’a pas une vision suffisamment lucide du travail qu’il a fourni.
Pour le joueur : C’est un moment qui va lui permettre d’avoir un retour sur le travail qu’il a fourni. En clair d’ajuster sa réalité à celle du manager/coach.
Explications : En psychologie appliquée, une règle fondamentale dit que si le message entre deux individus ne passe pas. L’erreur vient nécessairement de l’émetteur. En clair, la tâche du manager coach sera de connaître suffisamment ses joueurs pour que son message passe. Il devra ainsi moduler en fonction de chacun.
Mode opératoire : Utiliser un langage adapté à chacun. Certains ont besoin qu’on leur montre les choses, d’autres ont besoin de ressentir dans leur corps certains messages, et enfin d’autres ont juste besoin d’écouter votre discours.
Pour le coach : Si vous répétez plusieurs fois une consigne à un joueur et qu’il ne comprend toujours pas, changer de canal …vous échouez dans votre communication, montrez lui !
Pour le joueur : On peut comparer cela à un joueur parlant une langue étrangère. S’il ne comprend pas dans une langue, faites le dans sa langue. Cela lui permettra d’accéder à votre message, et ensuite de pouvoir exécuter votre consigne.
VII. Les attentes mutuelles, la coordination des partitions
Explications : Les attentes mutuelles sont le moyen de tisser des liens et de les verbaliser. A l’issue de l’exercice, cela développe chez chacun un sentiment d’appartenance fort, une assise dans son rôle et une place dans le projet de l’équipe. Cet exercice permet également d’éviter certaines frustrations.
Mode opératoire : En salle de réunion, chacun va, sur une feuille de papier écrire ce qu’il attend clairement de ses coéquipiers. Ces attentes concernent l’aspect sportif et la vie en communauté. A l’issue de ce travail individuel, on met en commun.
Remarque : ce travail peut être réalisé en sous-groupe. L’exercice est tout aussi puissant. Il permet de créer un sentiment d’appartenance à un sous- groupe spécifique (les joueurs intérieurs, les meneurs, les joueurs extérieurs…). Cela permet aux joueurs qui seraient gênés de parler en public d’avoir un porte parole.
Pour le coach : permet de confronter les réalités de chacun quant à sa perception de la tâche à effectuer
Pour le joueur : connaît les attentes que son équipe place en lui.
Explications : Lors de la compétition ou à chaque moment de la vie de l’équipe, le M/C peut influencer positivement le comportement du joueur.
La seconde idée au sujet de l’influence positive, est de formuler au maximum les requêtes de manières positives. Le cerveau fonctionnant qu’en mode positif (il traduit les négatives en positives), le joueur accédera plus rapidement au feed back du M/C.
Mode opératoire : Se caler sur le comportement du joueur vous permettra de lui faire passer votre message. On entend par là qu’une synchronisation corporelle (posturale pourrait on dire) vous permettra de délivrer votre message.
Tout en exprimant ce que le joueur doit faire et pas ce qu’il ne doit pas faire.
Par exemple : votre joueur sort du terrain, je vais adopter une attitude similaire lors du temps mort, il est assis je vais m’asseoir devant lui. Les yeux dans les yeux.
Pour le coach : c’est un moyen d’être sûr que le message qu’il veut transmettre va arriver
Pour le joueur : le coach lui apporte le message en se mettant sur la même « longueur d’onde »
Explications : un manager/coach est animé par ses convictions. Il est important que les joueurs connaissent et puissent comprendre et anticiper les attentes du M/C.
Mode opératoire : explications de la philosophie de jeu, avoir déjà mis en place des situations qui permettent de comprendre ce qui se passe dans les derniers instants du match.
Pour le coach : Il s’agit pour lui de mettre sa touche personnelle. De faire joueur selon ses propres convictions.
Pour le joueur : Connaître les attentes stratégiques du coach, pour pouvoir anticiper.
Explications : les saisons sont longues. Les équipes par l’intermédiaire de leurs joueurs se modifient, évoluent. Il est donc de mise de prendre du recul et d’observer ce qui se joue dans le groupe.
Mode opératoire : valider son point de vue avec son adjoint, tenir compte des sensations du staff. Et enfin, si on a la chance, écouter l’avis du préparateur mental.
Pour le coach : cette vigilance permettra de prévenir d’une lassitude, de surentraînement, de normes et de valeurs qui changent.
Pour le joueur : être recadré en direction du bon objectif.
Explications : tout le monde connaît les valeureuses qualités de ces guerriers. L’issue de leurs combats était la vie …ou la mort. Partant de ce postulat, cela nous indique clairement qu’il y a deux issues à la compétition, gagner ou ne pas gagner. Une telle issue peut faire émerger chez nous des peurs. Peur de gagner, peur de perdre qui sont toutes deux nuisibles et donc des freins à la performance. La moindre peur chez le M/C sera transférée verbalement ou non chez l’équipe.
Mode opératoire : Le manager/coach doit éliminer ses peurs. Car dès que l’une d’elle apparaît elle se propage comme un virus dans l’équipe.
Pour le coach : être au clair avec ce qui se joue en lui et pour lui. Beau nombre de cadres d’entreprises font appels à des accompagnements extérieurs pour gérer ces peurs.
Pour le joueur : beaucoup plus de confiance sera accordée à un manager qui ne montre aucun signe de fébrilité.
Explications : L’expérience montre avec des patrons de petites et moyennes entreprises que la supervision est une nécessité pour la performance. Il s’agit également pour le manager de tenir compte des erreurs qu’il peut commettre, de faire un point sur ses ressentis. On peut parler de réajustement, recadrage lié aux sensations.
Mode opératoire : Le manager/coach élimine ses peurs, ses doutes. La supervision lui permet d’être lucide de ce qui se passe chez lui. Interagir avec des êtres humains au sein d’un groupe va modifier certaines perceptions.
Pour le coach : En trouvant une personne de confiance, cela va contribuer à améliorer l’estime qu’il aura de lui et ainsi la confiance.
Tout ceci en progressant, sur la communication et la gestion du stress et de certains comportements difficiles puisque l’entraîneur est en perpétuel évolution.
Pour le joueur : Il aura en face de lui une personne disponible et dynamisante face à lui.
Conclusion
La psychologie appliquée et le management des groupes et des équipes permettent aux managers/coaches de laisser beaucoup moins de choses aux hasards. On sait également qu’au-delà de la communication verbale il se propage une communication non verbale à laquelle tous les êtres humains sont sensibles. Mieux vaut gérer ce paramètre là…
On sait de manière précise que dans un groupe l’autonomie va influencer la confiance en soi, en revanche trop d’autonomie la font diminuer et cela en fonction des individus (au manager/coach de savoir évaluer le degré d’autonomie nécessaire à l’épanouissement professionnel de chacun de ses équipiers).
Dernières choses, on a beaucoup parlé des leviers du M/C afin d’influencer son équipe. Il est bon d’être averti sur l’effet inverse, que l’on pourrait appeler contre-transfert dans le cadre thérapeutique. C'est-à-dire que certaines des réactions de certains joueurs, influencent en retour le M/C sur ses prises de décisions.
Par exemple : le membre de l’équipe qui ne s’oppose jamais va attirer plus de sympathie, le leader peut ne pas être sanctionné comme les autres.
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